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Dictionnaire Bnf_361 [1]

 

Introduction

 

Le Fonds mexicain des manuscrits orientaux de la Bibliothèque nationale de France compte plusieurs dictionnaires nahuatl. Le N° 361 est le plus important en taille, avec près de 900 pages. Il fait partie des documents qui ont été donnés par Eugène Goupil à la Bibliothèque nationale et appartenait donc à la collection constituée par Aubin lors de son séjour au Mexique.

Cet important document a été paléographié parce qu’initialement on espérait y trouver des nouveautés lexicales. Dès le début il est cependant devenu clair qu’il s’agissait avant tout d’un travail de compilation fait à partir du dictionnaire de Molina, mais certains indices nous laissaient croire que les auteurs du dictionnaire avaient ajouté des mots [2] .

Las ! En fait, une fois le travail terminé, il est possible de dire que le contenu du Bnf_361 est strictement identique à celui de la première partie du dictionnaire de Molina [3] , c’est à dire la partie espagnol-nahuatl.

Le contenu est identique, mais la présentation est totalement différente, puisque les auteurs ont choisi de transformer le dictionnaire espagnol-nahuatl en un dictionnaire nahuatl-espagnol.

La partie espagnol-nahuatl de Molina comporte 17441 entrées du type :

 

Espagnol_1 : Nahuatl_1, Nahuatl_2, Nahuatl_3…..

 

Les auteurs du Bnf_361 l’ont transformé en :

 

Nahuatl_1 : Espagnol_1

Nahuatl_2 : Espagnol_1

Nahuatl_3 : Espagnol_1

……

Après inversion les auteurs du Bnf_361 ont du obtenir un peu plus de 36000 entrées, mais ils ont choisi de réunir celles qui sont identiques ce qui a réduit le nombre total de ses entrées à : 29.000.

Bien qu’il ne soit pas possible d’en apporter la preuve, il paraît probable le travail d’inversion du dictionnaire et sa copie aient été faits en deux étapes. Une première a, sans doute, été réalisée à l’aide de fiches, qui ont été classées par ordre alphabétique et dont le contenu a été ensuite recopié sur le document que nous connaissons. Ce dernier état présente plusieurs écritures on peut donc avancer que la deuxième étape a été réalisée par plusieurs personnes [4] . Quant à la première il n’est pas possible de savoir si c’est l’œuvre seulement de celui qui a eu l’idée de ce dictionnaire nahuatl-espagnol ou bien si plusieurs mains ont été mises à contribution. C’est la raison pour laquelle tous ceux qui ont participé à cet ouvrage sont désignés par l’expression « les auteurs ».

Les auteurs du Bnf_361 ont utilisé la version espagnol-nahuatl de 1571 et non pas celle de 1555 [5] comme le montrent certains indices. Ainsi traduisent-ils le mot Puxcauhqui. : Orimento. (408 A). Ce faisant ils reprennent une erreur typographique du Molina de 1571, alors que dans la version de 1555 on trouve la forme correcte « oriniento » (p. 186). Mais la preuve la plus flagrante est le fait que des mots ajoutés lors de la version de 1571 se trouvent dans le Bnf_361. Ainsi, par exemple, au début de la lettre Q on trouve dans la version de 1571 les entrées suivantes :

Quando no ay nada o quando falta todo. ynatley. yn aoctle. y_niquac atley
Quanto mas. queno_que. quenocye
Que cosa? tleyn?
Que; Conjunction. ca
Que; Aduerbio de comparatiuo. quenin occenca. quenin ocualca. yeic
Que, para dar causa. ca. yehica
Que aprouecha esto? tleçannnen?
Quebrar o quebrantar como ollas, vasos, tablas o piedras. nitla, tlapana. nitla, teinia

alors que dans celle de 1555 ne figurent que :

Que cosa? tlein?
Que; Conjunction. ca
Que; Aduerbio de comparatiuo. quenin occenca. quenin ocualca. yeic
Que, para dar causa. ca. yehica
Quebrar o quebrantar como ollas, vasos, tablas o piedras. nitla, tlapana. nitla, teinia

Les mots nahuatl, correspondant aux entrées soulignées, apparaissent bien dans le Bnf_361.

Le Bnf_361 représente un chaînon manquant dans la chaîne qui unit Molina à Rémi Siméon. Cependant rien n’indique que ce dernier ait eu connaissance de ce manuscrit.

 

Description du manuscrit

Le dictionnaire comporte une couverture en parchemin avec une étiquette :

 

Manuscrit

Un volume in-folio

relié en parchemin

862 pages

Dictionnaire nahuatl-espagnol

N° 361

 

Les pages mesurent 31 X 21,2, elles sont numérotées au crayon en haut à gauche pour les rectos et en haut à droite pour les versos.

Des blancs peuvent parfois exceptionnellement apparaître au milieu d'une colonne [6] . Des feuilles blanches peuvent être intercalées [7] .

Les colonnes ont été préparées soit par de simples traits marqués dans l'épaisseur du papier, comme des rayures [8] soit tracées au crayon [9] .

Le dictionnaire proprement dit prend fin à la page 860, avec l’entrée « Zumalli : coraje ». Suivent alors 118 folios soit 236 pages blanches, toutes préparées en deux colonnes, avec un petit espace au milieu, tout comme le reste du document. Comme si la copie d’un autre document avait été prévue [10] .

 

Datation

Dans les pages finales, qui sont sans écriture, on peut clairement distinguer les filigranes [11] . Ils sont de deux sortes : soit un cavalier, une pique à la main montant un cheval, soit un bovin reconnaissable à ses cornes. María Cristina Sánchez Bueno de Bonfil écrit :  "El rejoneador y el toro muestran la alegría y la libertad con que se escogían los diseños al final del siglo XVIII. Al usarse el pliego de 32 X 44 se doblaba a la mitad, quedando el toro en un folio y el picador o matador en el otro. Las fechas de estas marcas son de 1778-1794." [12]

Dans le corps du dictionnaire d'autres filigranes sont visibles mais ils n'ont pu être identifiés. Cependant la structure du papier, visible par transparence, est identique d'un bout à l'autre du dictionnaire ce qui permet de proposer comme date de réalisation la fin du XVIII° siècle vers 1780.

 

Réalisation

Le projet des auteurs du Bnf_361 est simple : transformer le dictionnaire de Molina  espagnol-nahuatl en un dictionnaire nahuatl-espagnol. Le principe est élémentaire, il consiste à transformer :

A = x, y, z

en

x = A

y = A

z = A

Pour la mise en oeuvre de ce principe ils se sont trouvés confrontés avec quelques décisions importantes pour le résultat final : le traitement des préfixes verbaux et nominaux ; l'ordre alphabétique et le choix des graphies

 

1) Traitement des préfixes

Verbaux

Les auteurs du Bnf_361 ont trouvé chez Molina 1 des entrées de ce type pour les verbes :

 

Há[m]bre auer o tener hambre de qualquier cosa. nic, mayana. nic, amiqui. nicteociui

 

On note que les préfixes sujets et objets sont placés avant le verbe, séparés du radical verbal par une virgule ou bien parfois accolés.

Dans plus de 90% des cas les auteurs du Bnf_361 ont adopté une solution du type : radical verbal suivi d’une virgule puis des préfixes. Ils adoptent la même solution qu’avait retenue Molina dans la partie nahuatl-espagnol de son dictionnaire [13] .

Cependant dans un certain nombre de cas, et sans qu'il soit possible de comprendre ce qui a pu motiver une telle décision, les préfixes sont laissés en début de mot, en les collant au radical verbal.

Ainsi tandis que Molina écrit : ni, mayana, le Bnf_361 écrit lui nimayana ; ou bien niteizauia, alors que Molina a écrit nite, yçauia.

 

Nominaux

Dans son dictionnaire Molina a introduit certaines traductions de l’espagnol à la forme possédée. A une forme non-possédée en espagnol correspond donc une forme possédée en nahuatl. Il en va ainsi, en particulier, des parties du corps humain. Ainsi Molina introduit le mot « cabeça » sous la forme : itzontecon. Les auteurs du Bnf_361 ont conservé cet usage et n’ont introduit les mots à la forme absolue que lorsque Molina l’avait lui-même fait. Ainsi dans ce dernier cas trouve-t-on aussi l’entrée tzontecomatl : Cabeza cortada.

2) Ordre alphabétique

Dans la majeure partie des cas l’entrée nahuatl ne comporte qu’un seul mot. Cela ne posait donc pas de difficulté particulière pour les ordonner, à partir du moment où, pour les verbes, les préfixes étaient rejetés après le radical verbal. Cependant dans un certain nombre de cas les auteurs du Bnf_361 ont du traiter des phrases complexes. Dans ce cas on peut observer plusieurs attitudes.

 

Parfois les auteurs du Bnf_361 choisissent de ne faire figurer que le premier mot, le verbe, tout en gardant la traduction entière en espagnol.

 

Bnf_361

Nictetlazocamaca.

Tasadamente y con gran miseria y escaces dar algo al huerfano ô al criado.

338 B

 

 

 

 

Molina

nictetlaço-camaca ynneuhcayotl incochcayotl

tasadamente y con gran miseria y escaseza dar algo al huerfano o alcriado.

112r

 

Parfois ils le font d’une manière qui n’a aucun sens :

Bnf_361

ontzontli.

Milla.

376 B

Molina

ontzontli ypam matlacpoualli neicxianaliz_tli

milla.

85r

 

 

Parfois ils découpent la phrase et introduisent des entrées multiples

Bnf_361

Quallachiualiztli.

Acompañar con buenas obras la fé

412 B

Bnf_361

Nictoctia notlaneltoquiliz

Acompañar con buenas obras la fee

339 B

Molina

quallachiua_liztli nictoctia yn notlaneltoquiliz

acompañar con buenas obras la fee.

3v

 

Bnf_361

Nimitznomachitia, atiuitztzo, atauayo ypan nimitznomachtia

Encomendar su necesidad al mayor

341 A

Bnf_361

Nictlatlacaauiloa_ymmoyollo[tzin]

Encomendar su necesidad al mayor

336 B

Molina

nictlatlacaauiloa ymmoyollotzin ac nimitznomachitia, atiuitztzo, atauayo ypan ni-mitznomachitia

Encomendar su necesidad al mayor, Per metaphoram; dizen

52v

 

Ce qui ressort de ces traitements c’est qu’ils ne modifient pas la traduction. Ils la récupèrent entière même si l’entrée qu’ils ont choisie ne correspond qu’en partie à la traduction. Peut-être faut-il voir là le signe d’une compétence limitée en nahuatl !

A part quelques exceptions, qui semblent devoir être mise sur le compte d’une lecture erronée des fiches, l'ordre alphabétique a été fait à partir des mots déjà transcrits et non pas de l'orthographe de Molina.

Le Y et le I sont écrit de la même manière et cette lettre vient après le H. On ne peut donc dire s’ils suivent l’usage de Molina qui place le Y après le J dans la première partie et après le H dans la seconde et avant le I.. En ne distinguant pas entre le Y et le I ils se conforment à l’usage de Molina dans la première partie de son dictionnaire, qui se distingue de la seconde où pour les entrées en nahuatl Molina distingue sans ambiguïté entre ces deux lettres.

 

3) Graphies

L’évolution de l’écriture du nahuatl se perçoit dans ce dictionnaire, on peut observer quelques changements, qui sans être tout à fait systématiques sont cependant très répandus.

 

Changement de y en i : Molina : nite, yçauia ; Bnf_361 niteizauia

Changement de ç en z : Molina : nite, yçauia ; Bnf_361 niteizauia

Changement de ll en y : Bnf_361 Tlayotia, nite alors que dans Molina 1 et 2 ils est systématiquement écrit tlallotia. Ou encore tlayi pour tlalli. Ce phénomène s’observe 30 fois dont plus de la moitié des cas sont des mots qui commencent par tla-, de la forme tla-y-, soit tlall-….. Ce traitement bien que fréquent n’est cependant pas systématique.

Le changement de qua- en cua- , tel qu’on l’écrit aujourd’hui, est présent dans 5% des cas.

4) Découpage

On a l’impression que les auteurs du Bnf_361 prennent le contre-pied de ce qu’écrit Molina dans son introduction, dans son quatrième Aviso, où il explique pourquoi il sépare les préfixes des radicaux verbaux ou substances des verbes, mais où il indique que tout se prononce ensemble. Dans le Bnf_361 ce ne sont pas tant les préfixes, sinon tous les mots d’une expression complexe qui ont l’air de devoir se prononcer d’un seul tenant !

 

Bnf_361

Amoniuecauani auelcecexiuhtica ynniquintlacatilitiuhnopil huan

Parir la muger â menudo

19 B

Molina

amo ni, vecauani auel cecexiuhtica yn niquintla catilitiuh nopilhuan

parir la muger amenudo.

92v

 

Bnf_361

Niccauaynnotequiuh

Alzar de obra

336 A

Molina

niccaua yn notequiuh

alçar de obra.

8r

 

Cependant le phénomène inverse peut s’observer :

Bnf_361

Zan nocompiqui yn nicchiua

Alzar de obra

855 B

Molina

çannocompiqui ynnicchiua

alçar de obra.

16v

 

 

La tendance à l’agglutination paraît surtout forte en début de dictionnaire et semble liée à la manière d’écrire des copistes et sans doute aussi à la connaissance que chacun d’eux pouvait éventuellement avoir du nahuatl.

 

nahuatl

Retourner un dictionnaire peut sembler un travail mécanique que n'importe qui pourrait faire. Ainsi n'est-il pas inutile de se poser la question de la connaissance des auteurs, et tout particulièrement des copistes, en nahuatl. Savaient-ils ce qu'ils faisaient quand ils recopiaient Molina ou bien n'avaient-il aucune ou bien une vague connaissance du nahuatl ?

La révision complète du dictionnaire, faite pour en supprimer, autant que faire se peut, les erreurs de transcription, m’a donné l’impression d’une assez grande diversité en la matière. Parfois certaines manifestations donnent à penser que les auteurs avaient une fine connaissance du nahuatl et parfois à l’inverse l’impression qu’ils ne dominaient pas du tout la langue. Cela amène à penser que la plus grande diversité devait régner parmi les auteurs du Bnf_361, quant à leurs compétences linguistiques. Des exemples allant dans un sens et dans l’autre sont donnés à la suite. Il est évident qu’il ne s’agit là que d’une sorte de sondage et que sur ce point, comme sur les autres qui sont abordés dans cette introduction, une étude systématique de ce dictionnaire serait nécessaire.

 

 

Le fait de couper les expressions complexes et d’attribuer aux parties la traduction du tout, laisse supposer que les auteurs ne dominaient pas cette langue et on peut a priori douter de leurs connaissances car ils introduisent comme entrées principales ce que Molina note expressément comme le prétérit des verbes qu’il cite précédemment :

Ainsi trouve-t-on dans le Bnf_361 :

Otlanaliuhta. Aclarar el tiempo (380 A) alors que ce verbe apparaît dans ce contexte dans le Molina 1 :

Aclarar el tiempo. yetlachipaua. yetlachipauatima_ni. tlayeccanti. yetlaqualcanti. tlachipaua. tlaneci tlanaliui. vellamani. tlacalani. Pr[e]terito: otlanali-uhta; otlacalanta; otlaneztimoman; otlachipauac otlaztayac; yn ylhuicac; i; a; aclarado o ase serenado el tiempo, despues de auer passado el aguacero  (3r)

 

Quelques exemples portent à penser que certains des auteurs du Bnf_361 avaient une certaine idée des modifications phonologiques:

On s'en rend compte aussi quand ils rétablissent les voyelles initiales qui tombent après un "a" ou un "o". :

Bnf_361

ninixtlaua

Pagar deuda.

343 A

Molina

nino, xtlaua

pagar deuda.

91v

 

Mais il ne s’agit pas là d’un traitement systématique, loin de là, ainsi :

Bnf_361

Xtlacalaua, nino

Deslizar óresbalar

848 A

Molina

nino, xtlacalaua

deslizar o resbalar.

41v

 

Certaines corrections orthographiques permettent aussi déduire une bonne connaissance :

Chez Molina on trouve :

Mancebo pequeño. telpuchtontli. tlepocaton  ce qui est une erreur du typographe car l’édition de 1555 comporte bien telpocaton au lieu de tlepocaton.

Là les auteurs du Bnf_361 écrivent la forme correcte et l’auteur de cette correction n’a pu, dans cet exemple, compter que sur sa connaissance personnelle du nahuatl.

Il y a d’autres cas de corrections mais on peut avoir un doute quant au facteur l’ayant permis. En effet le trait commun aux exemples suivants c’est que les auteurs des corrections ont pu trouver la forme correcte dans la deuxième partie, nahuatl-espagnol, du dictionnaire de Molina. Dans ce cas il n’est donc pas possible de savoir si la correction vient de leur connaissance personnelle de la langue ou bien simplement de leur lecture de la seconde partie du dictionnaire de Molina !

 

Les auteurs ont trouvé dans Molina l’entrée :

Pour Que aprouecha esto? tleçannnen?. (100r)

Ils l’écrivent correctement : tleçannen?.en supprimant un “n”. Mais peut-être se sont-ils aidés de la deuxième partie du Molina où le mot est correctement écrit ?

 

De même

Molina 1 : Ympotencia assi. totomiquil[i]ztli. tzimmiquiliztli. tlamictiliztli

Le Bnf_361 rétabli correctement le [i] qui manque, mais là encore les auteurs ont pu s’inspirer de la version correcte qui figure dans la deuxième partie du dictionnaire.

 

Dans sa première partie Molina donne l’entrée suivante :

Ystoria delos tiempos antiguos. yeuetlatolli. yeue_cauh tlatolli

où l’écriture de du mot huehuetlatolli est erronée. Il est écrit yeuetlatolli au lieu de ueuetlatolli comme il figure dans l’édition de 1555. Or les auteurs du Bnf_361 rétablissent la graphie correcte : veuetlatolli. Mais là encore on peut se demander si c’est par connaissance du nahuatl ou bien si c’est la consultation de la seconde partie du Molina qui a permis d’effectuer ce rétablissement. En effet ce mot figure dans la deuxième partie du Molina écrit Veuetlatolli : historia antigua, o dichos de viejos.

 

 

Il peut cependant arriver que l’on doute que celui qui était en train de copier savait ce qu’il faisait.

Ainsi dans le dictionnaire de Molina on trouve :

Pegar enfermedad contagiosa. nite, maua. tetech-Pniccaua yn nococoliz  (94r)

là le P est évidemment une erreur du typographe on devrait avoir, comme le confirme l’édition de 1555 (p. 192) :

tetech niccaua yn nococoliz

Or le Bnf_361 reprend cette erreur et écrit : Tetechpuiccauain no cocoliz (550 B)

 

 

Par certain côté on a donc l’impression que les auteurs du Bnf_361 avaient une idée assez précise de ce qu’ils étaient en train de copier et parfois on a l’impression inverse. Ceci est simplement du à la multiplicité des auteurs lors de la première étape de mise en fiche et peut-être lors de la seconde de copie. (A partir des exemples relevés il n’est pas possible de dire si les corrections ont été faites seulement lors de la première étape ou bien si les participants à la seconde sont aussi intervenus).

Certains des auteurs étaient suffisamment compétents en nahuatl pour effectuer des corrections tandis que d’autres n’avaient pas les connaissances nécessaires et laissaient passer des erreurs manifestes sans intervenir.

 

espagnol

L’espagnol du Bnf_361 se distingue de celui de Molina par deux aspects. D’une part sa graphie est beaucoup plus proche de l’espagnol actuel que ne peut l’être celle de Molina. Ainsi alors que le franciscain écrit encore « assi » les auteurs du Bnf_361 ne l’écrivent plus qu’avec un seul « s », comme aujourd’hui.

Mais surtout le fait de « retourner » le dictionnaire a donné l’occasion à nos auteurs de réunir tous les sens d’un même mot, qui dans le dictionnaire de Molina sont dispersés.

Ainsi le verbe cualancuitia, nite apparaît en trois endroits chez Molina : comme traduction de « enojar a otro. », « prouocar a yra. » et « molestar dando mucho enojo. ». Dans le Bnf_361 on trouve :

Cualancuitia, nite. : Provocar a ira ; enojar a otro ; molestar dando mucho enojo.

 

Une autre vertu du Bnf_361 c’est le fait qu’il donne toujours une traduction complète et donc immédiatement intelligible là où Molina, très souvent, fait référence aux lignes précédentes de son dictionnaire.

Molina :

Acompañar ala nouia el pariente o deudo della. ni_te, ciuamoncaua

Acompañador assi. teciuamoncauhqui

Acompañadores desta manera. teciuamoncauh-que

Acompañamiento tal. teciuamoncaualiztli

 

Bnf_361

Teciuamoncauhqui. : Acompañador asi de la Novia.

Teciuamoncauhque. : Acompañadores de esta manera de la Novia.

Teciuamoncaualiztli. : Acompañamiento tal de la novia.

 

 

Traitements apportés aujourd'hui

Pour permettre son intégration dans le GDN (Grand Dictionnaire du Nahuatl) le Bnf_361 a du subir quelques traitements, tout en conservant évidemment la paléographie originelle.

 

1) Du fait de sa relation particulière avec la première partie du dictionnaire de Molina les entrées nahuatl du Bnf_361 ont été systématiquement confrontées informatiquement avec celles du Molina 1. Cette confrontation réalisée après la première version de la paléographie a permis de voir que dans plus de 80% des cas les mots avaient été copiés correctement par tous les copistes (que ce soit ceux du XVIII ou d’aujourd’hui). Les 20% restant représentant les erreurs de copies faites par les copistes d’hier ou d’aujourd’hui. Lors de la phase de correction les erreurs actuelles ont été simplement supprimées et celles des copistes anciens ont été corrigées par comparaison avec la version originelle du Molina 1. Dans ce dernier cas les modifications ont été indiquées par des crochets.

 

2) A partir de la paléographie corrigée une orthographe normalisée a été réalisée en employant les règles de normalisation qui ont été dégagées lors de la réalisation des Molina 1 et 2 [14] .

 

3) Traitement des préfixes

D’une manière générale, les préfixes sujets et objets ont été séparés des entrées verbales, de manière à ne conserver que le verbe a la première personne du singulier. Ceci était simple lorsque les préfixes avaient été placés après le verbe : tlalia, nic. Lorsque le préfixe est avant et accolé : nictlalia alors ces cas ont été traités de manière automatique en séparant le préfixe nic- et en cherchant dans le Molina 1 que la racine verbale restante existe bien.

Le traitement des préfixes a permis d’indiquer la transitivité des verbes, qui peuvent être intransitif (v.i), transitif (v.t.), réfléchi (v.r.), ou bi-transitif (v.bi.).

 

4) L’espagnol a été modernisé en utilisant les règles qui ont été élaborées pour les Molina 1 et 2.

 

 

 

 

 

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Diccionario Bnf_361 [15]

 Traducción: Carmen Herrera (DL-INAH)

Introducción

 

El Fondo mexicano de manuscritos orientales de la Biblioteca Nacional de Francia cuenta con varios diccionarios del náhuatl. El registrado con el número 361 es el más importante en extensión, con cerca de novecientas páginas. Forma parte de los documentos que fueron donados por Eugène Goupil a la Biblioteca Nacional, de modo que pertenecía a la colección reunida por J. M. A. Aubin durante su estancia en México.

Este importante documento fue paleografiado porque inicialmente se esperaba encontrar novedades lexicales. Sin embargo, desde el principio se pudo ver que ante todo se trataba de un trabajo de compilación hecho a partir del diccionario de Molina, aunque indicios nos permitían creer que los autores del diccionario habrían añadido algunas palabras. [16]

Desgraciadamente había que hacer el trabajo para estar seguros, y una vez que estuvo terminado se pudo afirmar que el contenido del Bnf_361 es estrictamente idéntico a la primera parte del diccionario de Molina, [17] es decir, a la parte « en lengua castellana y mexicana », o español – náhuatl. El contenido es idéntico, pero la presentación es totalmente diferente, ya que los autores decidieron transformar el diccionario español – náhuatl en uno náhuatl – español.

La parte español – náhuatl de Molina tiene 17,441 entradas del tipo :

 

Español_1 : Náhuatl_1, Náhuatl_2, Náhuatl_3…..

 

Los autores del Bnf_361 transformaron la entrada así :

 

Náhuatl_1 : Español_1

Náhuatl_2 : Español_1

Náhuatl_3 : Español_1

……

Luego de esta inversión, los autores del Bnf_361 debieron obtener poco más de 36,000 entradas, pero eligieron reunir las que eran idénticas, por lo que se redujo a 29,000 el número total de sus entradas.

Aunque no se tienen pruebas fehacientes, parece probable que el trabajo de invertir la información de cada entrada del diccionario de Molina y su copia se realizó en dos etapas. La primera, sin duda, debió hacerse con la ayuda de fichas clasificadas alfabéticamente, cuyo contenido luego fue vuelto a copiar en el documento que ahora conocemos. En este estado se aprecian caligrafías distintas, por lo que se puede imaginar que la segunda etapa fue realizada por varias personas. [18] En cuanto a la primera fase, no es posible saber si es la obra de tan sólo quien tuvo la idea de realizar este diccionario náhuatl – español, o si contó con la contribución de otras manos. Ésta es la razón por la que todos quienes participaron en esta obra se designan con la expresión, « los autores ».

Según se desprende de ciertos indicios, los autores del Bnf_361 utilizaron la versión español – náhuatl de 1571 y no la de 1555 [19] . Así, traducen la palabra Puxcauhqui : Orimento. (408 A). Y al hacerlo reproducen un error tipográfico de la publicación de Molina en 1571, mientras que en la versión de 1555 se encuentra la forma correcta : « oriniento » (p. 186). Pero la prueba más flagrante es el hecho de que palabras que se añadieron a la edición de 1571 se encuentran en el Bnf_361. Por ejemplo, al principio de la letra ‘Q’ están las siguientes entradas en esta edición :

Quando no ay nada o quando falta todo. ynatley. yn aoctle. y_niquac atley
Quanto mas. queno_que. quenocye
Que cosa? tleyn?
Que; Conjunction. ca
Que; Aduerbio de comparatiuo. quenin occenca. quenin ocualca. yeic
Que, para dar causa. ca. yehica
Que aprouecha esto? tleçannnen?
Quebrar o quebrantar como ollas, vasos, tablas o piedras. nitla, tlapana. nitla, teinia

mientras que en la de 1555 no aparecen más que :

Que cosa? tlein?
Que; Conjunction. ca
Que; Aduerbio de comparatiuo. quenin occenca. quenin ocualca. yeic
Que, para dar causa. ca. yehica
Quebrar o quebrantar como ollas, vasos, tablas o piedras. nitla, tlapana. nitla, teinia

Las palabras nahuas que están subrayadas, efectivamente están en el Bnf_361.

El Bnf_361 representa un eslabón faltante en la cadena que une al diccionario de Molina con el de Rémi Siméon. Aunque no hay nada que indique que éste último haya conocido el manuscrito de la Biblioteca Nacional.

 

Descripción del manuscrito

El diccionario tiene una cubierta de pergamino con la etiqueta :

 

Manuscrito

Un volumen in-folio

cosido en pergamino

862 páginas

Diccionario náhuatl-español

N° 361

 

Las páginas miden 31cm x 21.2 cm ; están numeradas con lápiz en la esquina superior izquierda por el recto, y en la esquina superior derecha por el verso.              Excepcionalmente se dejaron espacios en blanco en medio de una columna [20] . Puede haber hojas en blanco intercaladas [21] .

Las columnas se prepararon con simples trazos marcados en lo grueso del papel, como con dobleces [22] , o bien con líneas dibujadas a lápiz [23] .

El diccionario propiamente dicho se acaba en la página 860, con la entrada « Zumalli : coraje ». Siguen luego 118 folios, 236 páginas en blanco, preparadas en dos columnas con un pequeño espacio en medio, al igual que el resto del documento. Como si hubiera estado prevista la copia de otro documento [24] .

 

Fechamiento

En las últimas fojas, que no tienen escritura, se pueden distinguir claramente las marcas de agua [25] . Éstas son de dos tipos : un caballero con un rejón en la mano, montando a caballo, o un toro reconocible por sus cuernos. María Cristina Sánchez Bueno de Bonfil escribe :  "El rejoneador y el toro muestran la alegría y la libertad con que se escogían los diseños al final del siglo XVIII. Al usarse el pliego de 32 x 44 se doblaba a la mitad, quedando el toro en un folio y el picador o matador en el otro. Las fechas de estas marcas son de 1778-1794." [26]

En el cuerpo del diccionario son claramente visibles otras filigranas, pero no han podido ser identificadas. No obstante, la estructura del papel, visible por transparencia, es idéntica de principio a fin del diccionario, lo que permite proponer como su fecha de realización las postrimerías del siglo XVIII, hacia 1780.

 

Realización

El proyecto de los autores del Bnf_ 361 es simple : transformar el diccionario de Molina español – náhuatl en un diccionario náhuatl – español. El principio elemental consiste en transformar :

A = x, y, z

en

x = A

y = A

z = A

Para poner en marcha este principio debieron tomar algunas decisiones importantes para obtener el resultado final : el tratamiento de los prefijos verbales y nominales, el orden alfabético y la elección de las grafías.

 

1) Tratamiento de los prefijos

Verbales

Los autores del Bnf_361 encontraron en Molina 1 entradas del siguiente tipo  para los verbos :

 

Há[m]bre auer o tener hambre de qualquier cosa. nic, mayana. nic, amiqui. nicteociui

 

Se puede ver que los prefijos sujeto y objeto se ponen antes que el verbo, separados del radical verbal por una coma o, en ocasiones, pegados a él.

En más del 90% de los casos, los autores del Bnf_361 adoptaron la solución : radical verbal seguido de coma y prefijos. Emplearon la misma solución que había tomado Molina en la parte náhuatl – español de su diccionario [27] .

Sin embargo, en el porcentaje restante, y sin que sea posible comprender lo que motivó tal decisión, se dejaron los prefijos a principio de palabra, uniéndolos al radical verbal. Así, mientras que Molina escribe : ni, mayana, el Bnf_361 escribe nimayana ; o bien niteizauia, y en Molina se lee nite, yçauia.

 

Nominales

En su diccionario, Molina introdujo algunas traducciones al náhuatl con la forma poseída del nombre. A una forma no poseída en español corresponde entonces la forma poseída en náhuatl. Esto sucede particularmente en las palabras relativas a las partes del cuerpo. Así, se lee la palabra « cabeça » y en la traducción Molina proporciona la forma : itzontecon. Los autores del Bnf_361 conservaron este uso y no introdujeron las palabras en forma absoluta, a pesar de que Molina sí lo hizo. En este caso se encuentra también la entrada :  « Cabeça cortada. tzontecomatl. »

 

2) Orden alfabético

En la mayor parte de los casos, la entrada náhuatl es de una sola palabra. Esto no representa mayor dificultad para ordenarlas y más aún después de haber puesto los prefijos sujeto y objeto después del radical verbal. No obstante, en algunos casos los autores del Bnf_361 debieron tratar con frases complejas, para las que se observan diversas soluciones.

 

A veces, los autores del Bnf_361 eligieron como entrada sólo la primera palabra, el verbo, aunque mantuvieron la traducción completa en español.

 

Bnf_361

Nictetlazocamaca.

Tasadamente y con gran miseria y escaces dar algo al huerfano ô al criado.

338 B

 

 

 

 

Molina

nictetlaço-camaca ynneuhcayotl incochcayotl

Tasadamente y con gran miseria y escaseza dar algo al huerfano o alcriado.

112r

 

En otras ocasiones, su elección no tiene ni proporciona sentido alguno :

Bnf_361

ontzontli.

Milla.

376 B

Molina

ontzontli ypam matlacpoualli neicxianaliz_tli

milla.

85r

 

En otras más, descomponen la frase y la introducen en más de una entrada :

Bnf_361

Quallachiualiztli.

Acompañar con buenas obras la fé

412 B

Bnf_361

Nictoctia notlaneltoquiliz

Acompañar con buenas obras la fee

339 B

Molina

quallachiua_liztli nictoctia yn notlaneltoquiliz

acompañar con buenas obras la fee.

3v

 

Bnf_361

Nimitznomachitia, atiuitztzo, atauayo ypan nimitznomachtia

Encomendar su necesidad al mayor

341 A

Bnf_361

Nictlatlacaauiloa_ymmoyollo[tzin]

Encomendar su necesidad al mayor

336 B

Molina

nictlatlacaauiloa ymmoyollotzin ac nimitznomachitia, atiuitztzo, atauayo ypan ni-mitznomachitia

Encomendar su necesidad al mayor, Per metaphoram; dizen

52v

 

El resultado de estos tratamientos es que no modifican la traducción, la recuperan en su totalidad, a pesar de que la entrada elegida no corresponde mas que parcialmente a la traducción proporcionada. Quizás en esto se deba ver la señal de una competencia limitada del náhuatl.

Fuera de algunas excepciones, que parecen deberse a una lectura errónea de las fichas, se siguió el orden alfabético a partir de las palabras ya transcritas, y no a partir de la ortografía de Molina.

La « I » y la « Y » se escribieron con la misma letra, y ésta se puso luego de la « H ». No se puede decir entonces si siguen el uso de Molina, que pone la « Y » después de la « J » en la primera parte, y después de la « H » en la segunda, antes de la « I ». Al no distinguir entre la « Y » y la « I », el Bnf_361 se ajusta al uso de Molina en la primera parte de su diccionario, que se distingue de la segunda, porque ahí Molina emplea sin ambigüedad las dos letras en las entradas en náhuatl.

 

3) Grafías

En este diccionario se percibe la evolución de la escritura del náhuatl. Se pueden observar algunos cambios que, sin ser del todo sistemáticos, tuvieron amplia difusión.

 

Cambio de y en i : Molina : nite, yçauia ; Bnf_361 niteizauia

Cambio de ç en z : Molina : nite, yçauia ; Bnf_361 niteizauia

Cambio de ll en y : Bnf_361 Tlayotia, nite mientras que en Molina 1 y 2 sistemáticamente se escribe tlallotia. O también, tlayi por tlalli. Este fenómeno se ve en 30 casos, de los cuales más de la mitad son palabras que empiezan por tla-, con la secuencia tla-y-, o tlall-….. Aunque estos cambios son muy frecuentes, no son sistemáticos.

El cambio de qua- en cua- , tal como se escribe ahora, se presenta en el 5% de los casos.

 

4) Recortes

Se tiene la impresión de que los autores del Bnf_361 adoptaron la actitud contraria a lo escrito por Molina en el cuarto Aviso de su introducción, donde explica por qué separa los prefijos de los radicales verbales o sustancias de los verbos, advirtiendo que a pesar de la división « todo se ha de pronunciar junto ». En el Bnf_361 no son tanto los prefijos, como todas las palabras de una expresión compleja las que al parecer deben pronunciarse como una sola pieza !

 

Bnf_361

Amoniuecauani auelcecexiuhtica ynniquintlacatilitiuhnopil huan

Parir la muger â menudo

19 B

Molina

amo ni, vecauani auel cecexiuhtica yn niquintla catilitiuh nopilhuan

parir la muger amenudo.

92v

 

Bnf_361