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Anonyme

362

dictionnaire espagnol nahuatl

manuscrit de la BnF, Fonds Mexicain N° 362

17??

 

paléographie : Sybille de Pury

mise en forme : Sybille de Pury

programmation : Marc Thouvenot

Trois manuscrits

On trouve dans le Fonds Mexicain de la Bibliothèque nationale de France, collection Aubin-Goupil, sous la référence 362 du catalogue, un dictionnaire espagnol-nahuatl anonyme, manuscrit. Par ailleurs, il y a dans la même collection une seconde version, référencée 362ter, quasi identique à la première si ce n'est par la pagination, par quelques détails de présentation et par quelques rares modifications d'orthographe (on trouve, par exemple, Mostruo hombre dans le 362 et Monstruo hombre dans le 362 ter, qu’on peut considérer comme une correction de la première forme[1] et donc antérieure à la version 362ter).

Une autre version, quasi identique à celles de Paris, se trouve dans la Collection Ramirez de la Bancroft Library, à Berckeley. Je pense que c’est, en fait, la première des trois :

·     son écriture est moins serrée.

·     elle commence par une note quasi illisible (« Abanico v. insequeador n° 2 [?] »), qui n’est pas reportée dans les deux autres versions.

·     elle se termine par deux pages (avec une description de la particule négative a) absentes des versions parisiennes.

Le catalogue de la Bancroft Library donne le titre espagnol  Diccionario nahuat : Mexico, late 17th/early 18th century (on se demande pourquoi c’est le mot nahuat, et non nahuatl, qui est mentionné). A la suite se trouve un titre en anglais : Spanish-Aztec dictionary.

Le cahier est accompagné d’un feuillet daté de 1848 et signé Foster Marshall, où l’on peut lire :

A dictionary of the Aztec language.

This manuscript was taken from the archives in the Palace of the City of Mexico by the guerillas and recaptured by the undersigned in the City when offered for sale in the Portillo.

City of Mexico 5th May 1848 J. Foster Marshall Capt. Compy E. P. Regt.

L’auteur

Ces cahiers sont l’œuvre d’un curé anonyme qui a réalisé ce dictionnaire à des fins didactiques. Les différences entre les trois versions se résolvant aux effets de l’instabilité de l’orthographe, il est probable qu’elles sont l’œuvre de l’auteur lui même, et non d’un copiste qui aurait introduit des erreurs dues à la méconnaissance de la variante.

La qualité du travail montre que l’auteur était un nahuatlato confirmé. Il parlait un dialecte nahuatl que plusieurs traits (qu’on détaillera à la suite) rattachent aux variantes de l’Ouest, bien que ce soit un dialecte en /tl/[2].

datation du cahier

·     l’orthographe de l’espagnol

Si on la compare aux autres sources du corpus du GDN (voir tableau ci-dessous), on voit que l’orthographe est modernisée par rapport à celle de Molina (qui sert de modèle à l’auteur du 362), mais antérieure par ses normes au BnF 361, manuscrit que l’étude des filigranes a permis de dater de la fin du 18ème, autour de 1780. Les normes sont assez proches de celles de Cortés y Zedeño, mis à part une transcription non stabilisée de [s] et une transcription originale de [gua] par <hua>. On a là une orthographe de la première moitié du 18ème siècle.

 

BnF 362

Molina

1571

BnF 361

178?

Cortés

1765

rosio

rocio

rocio

rocio

quinse

quinze

 

quince

rozar

roçar

rosar

rosar

anzar (pato)

ansar

ansar

 

penzar / pensar

pensar

pensar

pensar

desear / decear

dessear

desear

desear

hasia / hacia

hazia

hacia

hacia

desihual

desigual

desigual

desigual

hombro

ombro

ombro

ombro

hermano/a

ermano/a (M1) / hermano/a (M2)

hermano/a

hermano/a / ermano

dexar

dexar

dejar

dexar

frixol

frisol

frisol

frijol

lexos

lexos

lejos

lejos

ymagen

ymagen (M1) / imagen (M2)

ymagen / imagen

 

bolver

boluer

 

bolver

embiar

embiar

enviar

embiar

reyr

reyr (M1) / reir/reyr (M2)

reir

reir

oydo

oydo

oydo

oydo

 

un travail réalisé à partir du Vocabulario en Lengua Castellana y Mexicana de Molina

·     ordre des entrées

Lorqu’il réalise son dictionnaire, l’auteur du 362 a sous les yeux le dictionnaire de Molina ; il le suit à la lettre, sans modifier l’organisation des entrées même lorsque ses modernisations orthographiques introduisent une rupture dans l’ordre alphabétique, comme on le voit dans la reproduction ci-dessous de quelques entrées :

362

Molina

 

Cabaña

Xacalli.

Cabaña.

tlapixcacalli.

 

Caveza

Tzontecon, y a elque es Caveza de un Pueblo, ô familia grande dicen Quauhtzontecomatl, y a la Caveza ô Calavera llaman Tzontecomatl Quaxicalli

Cabeça.

totzontecon.

Cavezera

Tzontlan

Cabecera de cama.

totzontlan.

 

Cabra

Tentzon, el que las guarda Tentzonpixqui.

Cabra o cabron.

quaquauhtentzone.

 

·     nombre des entrées

L’auteur du 362 réduit de façon drastique le nombre des entrées par rapport à Molina : ainsi entre Cabeça et Cabecera de cama on trouve chez Molina onze entrées supplémentaires (cabeça baxo estar, cabecear de enojo, cabecear negando, cabecear ortorgando, cabecear llamando a otro, cabecear de sueño, cabecear con presumpcion, cabecear para que otro se vaya, cabecear haziendo señas a otro, cabezcaido). Par contre, il lui arrive d’ajouter une entrée qui n’existe pas chez Molina, par exemple, dans la liste des entrées citées ci-dessus, Caveza de Sierra, Tepetl[ ]icpac.

·     regroupements sous un même thème

L’auteur regroupe parfois les mots sous une seule entrée thématique :

362

Molina

 

Abeja, esta genericamente Mosca, y assi dicen Zayollin, aunque para espesificarla dicen Quauhneuhzayollin à la que hace la miel en las colmenas, a la que fabrica panales Mimiahuatl, a las que hacen miel cilbestre Pipiyollin ; à unas mui bravas que hacen miel subterranea Xicotl, à otras Tlaletzatl.

Mosca volatile conocida. çayulin.

Abeja de miel que cria dentro del arbol. quahnecuçayoli.

Abeja montesa de miel. pipiyoli.

un travail de modernisation critique

L’auteur est précis dans la description des usages. Il exprime parfois son désaccord avec les traductions de Molina,

·     soit ouvertement :

·     nomalhuiani, honesta cosa (dice el Padre Molina) pero esto es propriamente perzona cuerda cauta, ô prudente

·     tochomitl, hilado teñido, aunque impropriam[en]te llama el padre Molina, a este pelo de Conexo

·     xochitlapan, Parayso terrestre, dice el Padre Molina y lo mismo el Padre Fray Juan Baptista, y otros Ahutores pero esto me parece Arbitrario, porque lo que quiere decir es en la tierra de flores, ô en la buena tierra y esto no es Parayso.

·     soit par une définition différente :

362

Molina

Hender ô rajar de arriba ábajo, Ixtlapana con este Verbo dan a entender el divorcio en el Matrimonio, y assi dicen Ixtlapana in[ ]tioyotl.

Hender un madero aferrandole, o partiendole por medio con cuñas, &c. nitla,ixtlapana.

Grano de semilla, no tiene proprio nombre, y assi dicen si es de Mayz, frijol &c se dicen con el mismo nombre.

Grano de semilla. centetl yxinachcho, centetl yachcho.

Les différences avec Molina peuvent s’expliquer par le fait que l’auteur du 362 parlait une variante occidentale, outre le fait que les données soient récoltées plus tardivement.

un nahuatlato expert

L’auteur du 362 est un nahuatlato qui s’exprime avec une grande sûreté.

·              quelques mots rares

On a, par exemple, le mot apiazoa ‘orinar’ qui n’est attesté dans notre corpus dans aucun dictionnaire si ce n’est chez Clavijero où il apparaît sous la forme tlapiazoa. Parmi d’autres exemples on relèvera amelli (traduit par ‘Ojo de Agua’ et par ‘Fuente ô mananteal, dicen en la Sierra’) qui n’est pas attesté ailleurs dans le corpus du GDN, si ce n’est dans le dictionnaire moderne de Mecayapan sous l’entrée ãmêl (Mec.) ‘manantial, pozo’. On peut aussi citer la forme yayahuic qui apparaît par deux fois dans le 362 avec le sens de ‘negro’ et ‘prieto’ et qui n’est attestée dans notre corpus que chez Wimmer, qui l’a trouvé dans le Codex de Florence et chez John Sullivan (Huasteca). On note aussi dans le 362 le verbe <chicoyloa> ‘blasfemar’ qui est formé à partir de iloa forme que Launey (1986) reconstruit à partir de l'applicatif ilhuia puisqu'elle n'est pas attestée dans son corpus.

On remarque aussi quelques expressions métaphoriques explicitées, comme tlenenepiloaDespedir ô echar de si las Llamas de lumbre’ (qui explicite le sens du Tlenenepiltia, nino ‘echar desi llamas de fuego’ de Molina dans son dictionnaire mexicano-castellano).

Les contextes sont définis avec précision, comme par exemple :

« Ye[ ]tlaca, De dia quando lla amanese, ô quando comienza á obscurecer. Este mismo tlaca le sirve para explicar que se acuerdan de lo que se avia olbidado: Tlaca, los Serranos: tlacaquil. »

·              les erreurs

Les fautes sont rares, et d’autant plus étonnantes. J’ai été surprise, par exemple, de trouver trois mots contenant une syllabe écrite <yo> dans le 362 qui doit être mise en correspondance avec une syllabe écrite <llo> = [lo] chez Molina (mais il y a 70 autres mots écrits <llo> dans le 362 , qui correspondent bien aux formes en <llo> = [lo] de Molina) ; les trois formes qu’on suppose erronées sont :  <cayotia> pour <callotia> chez Molina, <cehuayotl> pour <cehuallotl> et <cacayotl> pour <cacallotl>. On peut se demander cependant s’il s’agit bien d’erreurs ou si on n’a pas plutôt affaire à un trait régional puisqu’on voit, par ailleurs, le mot amilotl ‘pescado blanco’ être transcrit dans le 362 <amilotl> dans une entrée et <amiyotl> dans une autre entrée.

Parmi les autres cas qui rendent difficile la distinction entre erreur et variante régionale : 

·     la syllabe <huey> dans les mots <hueytzaztatl> ‘garza’ (huitzaztatl en classique) et <hueyzacotl> ‘liron’ (huizacotl ou huezacotl en classique), qui correspond à la syllabe <hui> de la langue classique et dont on se demande si elle n’aurait pas été réanalysée localement en hueyi ‘grand’.

·     la syllabe initiale <que> dans <quezoa> ‘molestar a otro’, auquel correspond une forme en /kw/ dans d’autres variantes (cuezoa ‘molestar’ : Wimmer, Mecayapan) ; pourtant on trouve aussi la forme en /k/ dans le dictionnaire de Cortés y Zedeño (<Queczoa> ‘molestar’) ; cette confusion entre [k] et [kw] se retrouve aussi sur le mot <tetlatzaqueltiliztli> attesté sous la forme <tetlatzacuiltiliztli> chez Molina.

Intégration des données au G.D.N

L’intégration du 362 dans le GDN a demandé la réalisation de différentes opérations, qui sont détaillées à la suite :

·     Mise en forme du dictionnaire

·     Normalisation de l’orthographe

·     Intervention lexicographique

·     Traitement des traits dialectaux

Mise en forme du dictionnaire

transformation de ce dictionnaire espagnol-nahuatl en un dictionnaire nahuatl-espagnol

Marc Thouvenot a réalisé cette opération.

regroupement des différentes occurrences d’un mot

Cette opération a été faite grâce à un programme de M. Thouvenot. Ainsi :

Acercarse à donde quiera. azi

Alcanzar. azi

a été transformé en :

azi. acercarse à donde quiera ; alcanzar

Normalisation des orthographes.

Jusqu’au XVIII siècle l’orthographe est instable et ses normes évoluent. Ne pas la normaliser aurait abouti à l'impossibilité de comparer les dictionnaires. Il s'agit là d'un point fondamental.

La normalisation orthographique a pour effet de faciliter la lecture. Grand nombre des changements proposés dans la forme normalisée correspondent aux usages actuels.

La normalisation orthographique n’empêche pas d’avoir accès à la forme de l’original, dite ‘paléographie’.

La normalisation orthographique a été effectuée sur le nahuatl par S. de Pury et sur l’espagnol à partir des règles établies par M. Thouvenot. En ce qui concerne le nahuatl, la cohérence orthographique interne au dictionnaire est bonne si on la compare à Guerra et à Cortés y Zedeño :

·     comme dans les autres dictionnaires, on remarque parfois une transcription chuintante des sifflantes: ainsi /z/ est transcrit <x> et /tz/ est transcrit <ch> (par exemple, <nacaxtli> pour nacaztli, <machicoltic> pour matzicoltic).

·     comme dans les autres dictionnaires aussi, on trouve parfois une confusion entre <tz> et <z>, <ch> et <x> (par exemple, <amezcalli> pour ametzcalli, <mixini> pour michini). Mais, alors que chez Guerra il n’y a pas de cohérence interne (on trouve tout à la fois /tz/ transcrit <z> et /z/ transcrit <tz>), les transcriptions du 362 sont cohérentes: /tz/ est parfois transcrit <z>, /ch/ est parfois transcrit /x/, l’inverse n’étant pas attesté ; ces transcriptions expriment une évolution régionale qui est aboutie dans le dialecte que décrit Cortés y Zedeño, mais non dans le 362 où l’opposition /tz/ ~ /z/ tend à se réduire à /z/, et où /ch/ ~ /x/ tend à se réduire à /x/.

·     l'auteur ne transcrit le saltillo que sur certains mots seulement; et, dans ce cas, la transcription est soit celle d’une occlusive glottale qu’il écrit <c> (par exemple <amectic>), soit celle d’une fricative qu’il écrit <h> (par exemple, <calecapoh>), avec quelques erreurs sur sa place (par exemple <atomihyo> pour /ahtohmiyoh/).

Intervention lexicographique

préfixes verbaux

L’auteur du 362 n’a pas marqué le préfixe sujet sur le verbe et, dans la très grande majorité des cas, pas non plus les préfixes objet. Il s’agit là de sa décision de lexicographe. On peut le voir à l’entrée apiazoa ‘orinar’ déjà citée plus haut. Ce mot n’est attesté, dans notre corpus, que chez Clavijero, où il apparaît sous la forme tlapiazoa, une première fois avec le sens de ‘orinar’ et une seconde fois avec le sens de ‘Hacer cosa larga recta o redonda’. On peut en déduire que l’auteur du 362 a supprimé les lettres <tl> qu’il a analysées comme étant l’expression du préfixe /tla-/ qu’il voulait extraire, tout en gardant la lettre <a> dont il a pu penser qu’elle correspondait à la racine de atl ‘agua’.

Il y a cependant des exceptions, relativement nombreuses, à cette mise en forme. Certaines entrées présentent les verbes avec le suffixe réfléchi (/m- ~ mo-/) ou avec l’objet indéfini humain (/te-/), plus rarement avec l’objet indéfini non humain (/tla-/), et dans deux cas seulement avec le préfixe objet défini (/k-/ ~ /ki-/). Le sujet apparaît à deux occasions à la seconde personne (/ti-/) (sans compter deux énoncés qui contiennent un verbe conjugué). Dans le cas où les préfixes ont été notés dans le manuscrit, nous les séparons de la racine verbale dans la forme normalisée, en suivant la tradition lexicographique initiée par Molina, que le GDN a reprise. Le préfixe est simplement déplacé dans la colonne des préfixes. Ainsi: 

 

paléographie

traduction

forme normalisée

préfixes

mihuintia

Emborracharse; Borrachear

ihuintia

m

motlapaloa

Atreverse

tlapaloa

mo

tepalehuia

Defender à otro (si es de obra)

palehuia

te

tlapiloa

Colgar

piloa

tla

quipantilia

Topar ô encontrarse con otro en el Camino

ipantilia

qu

Traitement des traits dialectaux

Le GDN se donne pour but de réunir plusieurs dictionnaires, non seulement de la variante classique du nahuatl, mais aussi de diverses variantes régionales et d’époques différentes. Il n’était pas envisageable de normaliser la variation dialectale au niveau morphologique, sauf cas particuliers.

·     la correspondance ia vs. i

L’un des traits morphologiques remarquable des dialectes de l’Ouest est la terminaison en ia de nombreux verbes qui se terminent en i[3] dans les autres variantes du nahuatl. Il a été choisi de faire correspondre les verbes en ia avec les verbe en i, par exemple :

matia est normalisé en mati

ciauia est normalisé en ciaui

molinia est normalisé en molini

Parfois les deux formes en ia et en i sont attestées conjointement dans le 362 avec une traduction différente, comme <huytequi> ‘azotar' et <huytequia> ‘Herir como quiera, ô lastimar’, ou <mamahuia> ‘Tener miedo’ et <mamahuy> ‘Ser cobarde’.

·     les substantifs à la forme absolue

Les dictionnaires du nahuatl présentent les substantifs sous leur forme absolue, c’est à dire terminés par le suffixe /tl/ ~ /tli/ ~ /li/. Il y a d’assez nombreux substantifs où apparaît un suffixe absolu différent de celui qui est courant dans les autres variantes. Ils n’ont pas été mis en concordance avec leur correspondant dans les autres dictionnaires ; si l’on veut les trouver, il faut les chercher à partir de leur racine, sans suffixe absolu. On trouve, par exemple :

itlacotl au lieu de itlacolli

tenchatl au lieu de tenchalli

ilpitl au lieu de ilpilli

tlachipauahtli au lieu de tlachipahualli

huehuel au lieu de huehuetl

 références bibliographiques

CORTÉS Y ZEDEÑO, Jerónimo Thomas de Aquino (1967), Arte, Vocabulario y Confessionario en el Idioma Mexicano como se usa en el Obispado de Guadalaxara, Puebla de los Angeles, Imprenta del Colegio Real de San Ignacio, 1765, edición facsímile hecha en Guadalajara, Jalisco, Edmundo Aviña Levy, editor.

GUERRA, fray Juan (1900), Arte de la lengua mexicana que fue usual entre los indios del Obispado de Guadalajara y parte de Durango y Michoacán escrito en 1692 por fray Juan Guerra, prólogo de Alberto Santoscoy, Guadalajara, Ancira y Hno.

LEON-Portilla, Ascención de (1988), Tepuztlahcuilolli, Impresos en Náhuatl, UNAM, México.

MOLINA, fray Alfonso de (1970), Vocabulario en Lengua Castellana y Mexicana y Mexicana y Castellana, estudio preliminar de M. León-Portilla, edición facsímile de la de 1571, México, Editorial Porrúa.

THOUVENOT, Marc (2005), MOLINA 1, in GDN, www.sup-infor.com

WIMMER, Alexis (2006), Dictionnaire de la langue nahuatl classique, in GDN, www.sup-infor.com

 

 

 

 

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Anónimo

362

diccionario castellano nahuatl

manuscrito de la BnF, Fondo mexicano N° 362

17??

 

paleografía : Sybille de Pury

conformación: Sybille de Pury

programación : Marc Thouvenot

traducción de la introducción: Anne Marie Pissavy

 

Tres manuscritos

En el Fondo mexicano de la Biblioteca Nacional de Francia, colección Aubin-Goupil, bajo la referencia 362 del catálogo, existe un diccionario castellano-nahuatl anónimo y manuscrito. Por otra parte, en esta misma colección se halla una segunda versión, con referencia 362 ter, casi idéntica a la primera si no es por la paginación, por unos detalles de presentación. y por unas escasas modificaciones ortográficas (por ejemplo, observamos Mostruo hombre en el 362 y Monstruo hombre  en el 362 ter, lo que lleva a pensar en una corrección de la primera forma[4], anterior pues a la versión 362 ter).

Otra versión, casi idéntica a las de Paris, se encuentra en la Colección Ramírez de la Bancroft Library, en Berckeley. Pienso que es, de hecho, la primera de las tres:

·     su letra está menos apretada.

·     empieza por una nota casi ilegible (« Abanico v. insequeador n° 2 [?] ») que no aparece en las demás versiones.

·     acaba con dos páginas (con descripción de la partícula negativa a) ausentes en las versiones parisinas.

El catálogo de la Bancroft Library indica el título castellano Diccionario nahuat : Mexico, late 17th/early 18th century (cabe preguntarse porque se usa la palabra nahuat, y no nahuatl). Seguidamente hay un título en inglés: Spanish-Aztec dictionary.

Este cuaderno viene acompañado de un folleto fechado de 1848 y firmado Foster Marshall, en el que se puede leer:

A dictionary of the Aztec language.

This manuscript was taken from the archives in the Palace of the City of Mexico by the guerillas and recaptured by the undersigned in the City when offered for sale in the Portillo.

City of Mexico 5th May 1848 J. Foster Marshall Capt. Compy E. P. Regt.

El autor

Estos cuadernos son la obra de un cura anónimo que realizó este diccionario con fines didácticos. Ya que las diferencias entre los tres manuscritos se reducen a los efectos de la inestabilidad de la ortografía, es muy probable que sean obra del mismo autor y no de un copista que hubiera introducido errores debidos al desconocimiento de la variante. La calidad del trabajo deja claro que el autor era un nahuatlato confirmado. Hablaba un dialecto nahuatl que varios rasgos (que detallaremos a continuación) vinculan con las variantes del Oeste, a pesar de ser un dialecto en /tl/[5].

datación del cuaderno

·     la ortografía del castellano

Si se compara con otras fuentes del corpus del GDN (ver cuadro abajo), se observa que la ortografía ha sido modernizada en relación con la de Molina (que sirve de modelo al autor del 362)  pero resulta anterior por sus normas al BnF 361, manuscrito cuyo estudio de filigranas permitió fechar de finales del 18, alrededor de 1780. Las normas se acercan bastante a las de Cortés y Zedeño, fuera de una transcripción no estabilizada de [s] y una transcripción original de [gua] por <hua>. Ahí tenemos una ortografía de la primera mitad del siglo 18.

 

BnF 362

Molina

1571

BnF 361

178?

Cortés

1765

rosio

rocio

rocio

rocio